Ars

Une halte pour ouvrir son cœur

A mi-chemin entre Lyon et Bourg-en-Bresse, j’ai découvert Ars-sur Formans. Un village du pays Dombiste aux mille étangs, avec vue sur les monts du beaujolais. Je me suis libérée de mes doutes dans la Basilique Saint-Sixte, impressionnée par le parcours de son saint Curé, confesseur hors pair. Une gastronomie locale allèchante, l’histoire d’une ville sanctuaire, d’une principauté et de son trésor. 

Depuis Cotignac, j’ai traversé la Provence Verte, ses paysages méditerranéens. Je me dirige maintenant vers Ars-sur-Formans, village de la vallée de la saône, pour comprendre ce qui en a fait un haut lieu de pèlerinage. 

Pour rejoindre sa future paroisse, Jean-Marie Vianney contemple la brume qui se forme sur les étangs de la Dombes un matin de février. Moi, je chemine dans le soleil de l’été à travers champs, peut-être, à l’époque, déjà plantés de céréales, comme aujourd’hui. J’apprécie l’ombre apaisante des bois de hêtres, chênes et peupliers. Depuis les abords du village d’Ars, l’église est encore cachée. Ce 4 août, j’ai choisi de marcher dans les pas de Jean-Marie Vianney, pour célébrer son souvenir parmi la foule de pèlerins.
 

Le saint Curé d’Ars

Au cours de mes recherches, alors que je préparais mon itinéraire, une image de ce territoire parsemé de petits étangs m’a subjuguée. Vus du ciel, ils dessinent des formes géométriques vertes, jaunes, et d’autres brillantes qui reflètent, comme des miroirs, les couleurs changeantes du ciel. Voilà un paradis de biodiversité. En arrivant dans le centre d’Ars, j’ai découvert une autre palette de couleurs, du vert, du blanc, et du rouge sur l’extérieur de la basilique, je me rappelle le style néo-byzantin de son chœur, tout aussi coloré.

L’édifice fut construit en plusieurs étapes, et sa beauté prouve qu’il n’a manqué ni d’amour ni d’entretien. A l’image de l’ambiance du village, l’endroit est paisible. Dans la partie la plus ancienne de l’église, une enfilade de chapelles, du bois sur les murs, et un escalier qui descend vers la crypte. A proximité du chœur de la basilique, je me recueille devant la châsse qui protège le corps du saint Curé d’Ars, son visage de cire paraît presque translucide. Espérant sa miséricorde, je confie mes doutes, et mes peurs à celui qui passait parfois jusqu’à dix-sept heures à écouter la souffrance des autres dans son confessionnal.
 

Basilique d'Ars
Basilique d'Ars
Châsse du saint Curé d’Ars
Châsse du saint Curé d’Ars

La fête du saint Curé d’Ars le 4 août

Son parcours de formation est chaotique car les institutions, y compris les écoles, portent encore à l’époque les stigmates des tourments de la révolution. Pourtant sa détermination finit par le récompenser. Durant 41 ans, il est le “Curé d’Ars”. Jean-Marie Vianney est un homme de cœur, à la foi immense, il mène une vie simple, même austère, mange peu et partage tout ce qu’il possède. Il réveille la foi de ses paroissiens, crée deux écoles et prend soin des plus pauvres. A partir de 1830, les pèlerins affluent. En 1858, le sanctuaire accueille 100 000 personnes attirées par la réputation de confesseur du Saint Curé. 

Ici, encore chaque année, plus de 300 000 visiteurs ouvrent leur cœur dans l’une des églises, chapelles, et même dans la maison où vivait le Saint. 

Tous les ans, le 4 août, est organisée la fête du saint Curé d’Ars afin de lui rendre hommage. A cette occasion, sont proposées conférence, messe solennelle, activités ludiques pour les enfants, et procession derrière la relique du cœur du “Curé d’Ars”, depuis le château d’Ars jusqu’à l’église semi-enterrée “Notre-Dame de la miséricorde”.

En ce jour d’été, je me laisse bercer par la douce mélodie des langues natales des hommes et des femmes venus de tous pays dans un même élan à la rencontre de la foi. Un peu plus tard, je prolonge mon escale dans la vallée de la saône assise en terrasse devant une carpe farcie de la Dombes et un verre de vin de Bugey. Une assiette de Comté et de Bleu de gex plus loin, je me décide à répondre à l’appel de la culture en rejoignant la ville d’Art et d’Histoire de Trévoux et ses célèbres trésors.

De mon séjour à Ars-sur-Formans, je retiens un territoire plein de surprises, et la certitude qu’ouvrir son cœur peut engendrer des miracles, soulager le corps et l’esprit, accorder la sérénité à laquelle on aspire.

La fête du saint Curé d’Ars le 4 août
La fête du saint Curé d’Ars le 4 août
Trévoux en vallée de Saône
Trévoux en vallée de Saône
dimanche
18 novembre
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