Rocamadour, petit mémo d’une longue histoire

Vous avez envie de partir, d'être dépaysé. Quelles découvertes vous attendent à Rocamadour, ce haut lieu de la chrétienté ? D’abord subjugué par le paysage, vous remontez le temps jusqu'à la préhistoire. Attention, présence de légendes et risque de miracles !
 

Le Causse, plateau calcaire, sur lequel est implanté Rocamadour, date de l'époque jurassique. Il est fendu en deux par l’Alzou,  petit ruisseau “coulant à sec une grande partie de l'année”. Le sol karstique ne retient pas l’eau ce qui explique un paysage souvent aride, creusé de gouffres impressionnants, comme celui de Padirac, ou de résurgences de couleur turquoise comme celles de l’Ouysse.

Les nombreuses cavités, dont la Grotte des merveilles à Rocamadour, attestent de la présence de l’homme à cet endroit depuis la préhistoire. Les spécialistes évoquent même l’existence d’un sanctuaire pré-chrétien. Le nom du village viendrait de Roc major autrement dit “ le grand abri sous roche ”. Il semble difficile de ne pas associer les origines du village à celles du Sanctuaire. 

Canyon de l'Alzou
Canyon de l'Alzou

Quelques dates a retenir :

Au XIIème siècle

Un paysage pittoresque, un canyon impressionnant et dans la roche, une petite chapelle. 3 moines bénédictins y prient sous la responsabilité de l'abbé de Tulle. Quand ils ne prient pas ils accueillent les pèlerins. A cette période, Rocamadour est l’un des quatre lieux saints de la chrétienté aux côtés de Rome, Saint Jacques de Compostelle et Jérusalem.

En 1152, voyant le nombre de pèlerins croître, Géraud d’Escorailles, abbé de Saint-Martin-de-Tulle, entreprend la construction d’une église audacieuse, en équilibre à flanc de falaise

Parmi les personnages célèbres qui sont passés par là, Henri II Plantagenêt, père de Richard Cœur de Lion. Il vient en pèlerinage en 1159 remercier la vierge de sa guérison.

En 1166, Le village se rassemble autour d’un corps découvert en creusant la tombe d’un autre homme. En parfait état de conservation, ce ne peut-être que celui d’un Saint. Il s’agirait de celui d’un ermite Saint Amadour, ou Zachée, disciple de Jésus.

126 miracles accordés par Notre-Dame de Rocamadour sont authentifiés puis inscrits dans un livre en 1172. Le premier, dont on ne connait pas le détail, date de 1148.

Des pèlerins de toute l’Europe viennent à Rocamadour.

Au XIIIème siècle

Le pèlerinage atteint son apogée, et les travaux se terminent. 

En 1244, Saint Louis et sa mère Blanche de Castille, viennent prier Notre Dame en famille et demandent  “Le bonheur pour la France” !

En 1562, pendant les guerres de religions, les protestants pillent le Sanctuaire, brûlent les édifices, n'épargnant pas les reliques de Saint Amadour. Désespérés les habitants sauvent des flammes quelques os du saint squelette, puis les enferment dans un reliquaire qui sera caché pendant plusieurs années. Les pèlerins peuvent à nouveau vénérer les reliques depuis le 25 août 2016, jour du 850ème anniversaire de la découverte du corps de St Amadour. 

Révolution Française

A la Révolution française, comme bon nombre de monuments, le Sanctuaire subit son lot de détériorations. 

Au XIXème siècle​

Au XIXème siècle, les constructions sont dans un état critique et menacent de s’effondrer. 
Une première demande d’aide sera formulée en 1830 auprès du ministère de l’interieur au titre de la protection des monuments historiques. Elle restera sans réponse. 
Conduits par l'Abbé Chevalt, architecte, élève de Viollet-le-Duc, les travaux, financés par une grande loterie (le crowdfunding d’aujourd’hui), débuteront en 1858, pour s’achever en 1872. 

La basilique Saint-Sauveur et la crypte Saint-Amadour sont désormais classées au patrimoine mondial de l’UNESCO et on comprend pourquoi quand on est sur place !

Epoque contemporaine

A l’heure actuelle, le village compte environ 650 habitants à l'année. 
Il vit essentiellement du tourisme et des pèlerinages, accueillant 1,5 million de visiteurs par an. Sa renommée est également véhiculée par le biais de la gastronomie. Pour faire passer toutes ces dates, rien de tel qu’un peu de douceur.
Un arrêt en terrasse pour déguster, accompagné de noix et de miel, un Rocamadour bien crémeux, la star du village. Fromage de chèvre d’Appellation d’Origine Protégée, son aire d'appellation compte approximativement 16 500 chèvres, 3 artisans, 1 affineur, 34 producteurs fermiers affinant à la ferme, 3 producteurs fermiers livrant à un affineur, 48 producteurs de lait et 5 producteurs de caillé.
Les viticulteurs de Rocamadour produisent un vin rouge et un vin rosé. La coopérative produit environ 20 000 bouteilles par an sous l’appelation “L’Amadour”.
 

Des legendes :

Saint Amadour : 

Depuis le  XIIème siècle, la tradition orale raconte qu’un ermite, saint Amadour, serait venu fonder un oratoire au creux du rocher, en l’honneur de la Vierge. Son corps est retrouvé en 1166 en parfait état de conservation, “ comme s’il dormait ” dira-t-on à l'époque. En 1427, le pape Martin V associe saint Amadour à la figure évangélique de Zachée, disciple de Jésus. Ce dernier aurait embarqué sur un bateau avec son épouse Véronique au moment des premières persécutions. Ils auraient accosté à Soulac où Véronique est morte. Zachée remonta seul la Gironde, la Dordogne, et enfin l’Alzou, pour s'établir à Rocamadour où il évangélisa le Sanctuaire préhistorique.

Durandal : 

C’est le nom de l'épée du chevalier Roland qui vécut de 736 à 778. Il obtint son épée de son oncle Charlemagne qui la reçu, dit la légende, d’un ange de Dieu. Roland lutta avec ses hommes contre les sarrasins au Col de Ronceveau, dans les Pyrénées. Blessé à mort, dans un dernier geste il sonna l’olifant appelant Charlemagne à l’aide. Voulant casser son épée pour qu’elle ne tombe pas aux mains de l’ennemi, il ouvrit la brèche de Roland. Il appela l’Archange Michel à son secours et lança Durandal qui vint se planter dans le rocher de Notre-Dame de Rocamadour à plusieurs centaines de kilomètres de distance. Fantastique n’est-ce-pas ?
 

Epée Durandal
Epée Durandal
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