Histoires et légendes

Vézelay : Petit retour dans l’histoire

Vous avez envie de partir, d'être dépaysé. Quelles découvertes vous attendent dans ce sanctuaire de Bourgogne ? Un paysage vallonné où, très tôt, les hommes sont venus vivre et cultiver. Entrez dans les tourments de l’histoire Vézelienne.

Dans la vallée de la Cure, Vézelay s’est développée sur un large éperon rocheux calcaire sur les “franges” du massif granitique du Morvan. La basilique dédiée à sainte Marie-Madeleine domine le mont Scorpion, tandis que le reste du village s’écoule jusqu’à la plaine. Sur un autre versant, le vignoble de Vézelay plonge ses racines, puisant dans le sol argilo-calcaire toute la singularité de ses arômes. 

A l’époque Gallo-romaine, au Ier siècle,  la vigne s'épanouit à Vézelay, comme l’attestent les vestiges d’un temple dédié à Bacchus découverts sous l’église saint-Etienne, et d’un sarcophage sculpté de grappes de raisin trouvé sur la commune voisine d’Asquins.

Un monastère est implanté dès la fin du IXème siècle sur l’actuelle commune de Saint-Père, mais les moniales quitteront les lieux chassées par les invasions normandes entre 871 et 877. Une nouvelle abbaye est fondée sur la colline de Vézelay, de nombreuses familles viendront y trouver protection. La ville s'apprête à prendre son essor.
 

Vézelay s’est développée sur un éperon rocheux
Vézelay s’est développée sur un éperon rocheux

Quelques dates à retenir : 

Antiquité

Vers 2238 av J-C, les hommes exploitent le sel à quelques kilomètres de Vézelay. Les fontaines salées donnent aussi naissance à des thermes gallo-romains. L’établissement thermal est détruit au IIIème siècle lors des invasions des Alamans.

Moyen-Âge

Vers 858, un monastère de bénédictines est fondé par Girart de Roussillon sur la commune actuelle de Saint-Père.

Au IXème siècle, lorsque les Normands remontent la Seine, les moniales fuient. Leur monastère est alors transféré sur la colline. Des moines remplacent les bénédictines.

En 882, le moine Badilon rapporte en Bourgogne des ossements qu’il affirme être ceux de sainte Marie-Madeleine.

A partir du XIème siècle, les dites reliques de Marie-Madeleine vont faire de Vézelay un des plus hauts lieux de pèlerinage.

En 1050, Marie-Madeleine devient officiellement la sainte patronne de l’abbaye.

Au XIIème siècle, Vézelay qui jouissait d’une totale indépendance, est contrainte de reconnaître l’autorité spirituelle de Cluny qui lui imposera l’abbé clunisien Artaud.

En 1146, Bernard de Clairvaux y prêche la deuxième croisade à 10 minutes à pied de la basilique sur le site de la chapelle Sainte-Croix, appelé “La cordelle” à l’heure actuelle.

En 1150, la ville s’entoure de fortifications.

Vers 1167, après une nouvelle révolte, les habitants, écrasés jusque là sous de lourds impôts, obtiennent des moines la rédaction d’une charte qui leur garantit certaines libertés que d’autres leur envient.

Entre 1165 et 1190, construction du chœur et des transepts gothiques de la basilique.

En juillet 1190, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion se donnent rendez-vous à Vézelay pour le départ de la troisième croisade.

En 1244, Saint Louis vient en pèlerinage à Vézelay pour la première fois. Il reviendra plusieurs fois, notamment en 1267 lors de la procédure d’authentification des reliques de sainte Marie-Madeleine.

A partir du XIIIème siècle, les conflits avec les comtes de Nevers reprennent. Ils marquent avec l’authentification des reliques de Marie-Madeleine à Saint Maximin en 1279, le début du déclin du pèlerinage de Vézelay.

En 1360, extension des remparts et construction de tours rondes. Celle de la porte neuve que l’on peut admirer aujourd’hui, verra le jour au XVème siècle.

Prêche de la deuxième croisade
Prêche de la deuxième croisade
Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion
Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion
Porte neuve de Vézelay XVème
Porte neuve de Vézelay XVème

Époque Moderne et Contemporaine

Pendant les guerres de religion, en 1569, la ville est prise par les troupes protestantes.

A l’issue de la Révolution, Vézelay perd ses privilèges et la population diminue. La ville décline et l’abbaye se détériore.

En août 1834, Prosper Mérimée, archéologue, écrivain, historien, et inspecteur général des monuments historiques, est de passage à Vézelay. Il alerte l’Etat sur la nécessité de secourir l’église proche de l'effondrement. 

De 1840 à 1859, la basilique est restaurée sous la direction de Viollet-le-Duc, tout jeune architecte dans ce qui est sa première mission.

En 1920, l’église reçoit du Vatican, le titre de basilique.

En 1945, l'abbaye redevient monastique. Des moines bénédictins l'occupent jusqu'en 1953, avant d'être remplacés par des franciscains jusqu'en 1993. C'est la fraternité monastique de Jérusalem qui s'occupe désormais de l'animation liturgique.

2017, le vignoble reçoit sa propre appellation “Le Vézelay”

Le village compte environ 500 habitants à l’année.
Il vit essentiellement du tourisme lié à l’attrait de la basilique et du centre historique classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, ainsi qu’à son statut de " ville départ " vers Saint Jacques de Compostelle.

La Basilique avant restauration
La Basilique avant restauration

Une légende

Les reliques de Marie-Madeleine

Le mont Scorpion, fût surnommé “ la colline éternelle ” par Maurice Druon l’auteur des rois maudits, aujourd’hui, tous les Vézeliens reprennent l’expression. La basilique dédiée à sainte Marie-Madeleine domine la plaine et le vignoble du haut de son rocher.

Ici, la tradition orale véhicule un secret, celui de reliques, certes, mais de Marie Madeleine, peut-être pas !
A l’abris dans la crypte, ces ossements sont-ils bien ceux de la sainte ? Femme aux visages multiples, également présentée comme “la pardonnée de Jésus”, celle qui l’a tant aimé. Elle fût l’apôtre qui annonça la résurrection du Christ. Marie-Madeleine arrive sur les côtes méditerranéennes avec son frère Lazare pour évangéliser la Provence. Et serait remontée jusqu’à Saint Maximin en Sainte-Baume où elle aurait vécu ses dernières années. Au XIème siècle, le monastère de Vézelay résiste pour garder sa liberté et ne dépendre ni d’Autun ni de Cluny, mais uniquement du Pape. C’est ici qu’interviennent les reliques de Marie-Madeleine. On les expose dans l’abbaye, affirmant qu’elles furent rapportées de terre Sainte ou de Provence par le moine Badilon. Leur présence déplace les foules de pèlerins jusqu’à Vézelay, permettant ainsi le développement économique du village et la possible construction d’une abbatiale conséquente et autonome. Mais finalement le miracle n’aura pas lieu et Vézelay devra se plier à l’autorité spirituelle de Cluny. Que ces ossements proviennent ou non du squelette de la Sainte, ils font aujourd’hui figure d’icônes, et recueillent les prières dédiées à la patronne des femmes.

 

Reliques de sainte Marie-Madeleine
Reliques de sainte Marie-Madeleine
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