Le message du sanctuaire du Mont-Saint-Michel

Au Mont-Saint-Michel, traverser la baie et marcher vers la “Jérusalem céleste” où le nom de saint Michel nous pose la question : “Qui est comme Dieu ?” : découvrez l'ADN, le message du sanctuaire du Mont-Saint-Michel
 

Qui est à l’origine de la fondation du sanctuaire, son contexte de vie ?

Depuis des temps immémoriaux trois rochers émergent dans la baie située à la frontière de la Normandie et de la Bretagne. Le mont Tombe, le rocher de Tombelaine et le mont Dol. Une beauté à couper le souffle. La nature nous aide à comprendre intuitivement la puissance et la grandeur du créateur. Mais Dieu ne s'est pas contenté de créer le ciel, la mer et la terre. Il a voulu y introduire la Vie. La vie sous toutes ses formes : minérale, aquatique, végétale, animale. Le Mont Saint Michel et sa Baie sont un des espaces où Dieu donne rendez-vous à l'homme.
 

Quel est le message véhiculé depuis toujours par le sanctuaire ?

Ce mélange rare de terre, de mer, de vent, de pierres, cette conjonction étonnante et positive du travail de la nature (les croyants disent de Dieu) et du génie humain empêchent le dérapage des sentiments et équilibrent mesure et démesure, gran­deur et humilité, gloire et déchéance, spirituel et matériel, univers de création et univers d'achèvement, Dieu et Démon, Michel et Satan. Quand l’Archange Michel vient troubler les rêves d’Aubert, évêque d’Avranches en 708, il commence une histoire qui se déroule depuis treize siècles au fil des constructions où chaque siècle, ou presque, laisse sa trace.

Quelles sont les valeurs qui y sont transmises depuis les origines ?

La magnificence du lieu, la réputation de l'Archange, la beauté des constructions ont vite mis en marche de nombreux pèlerins. Conscients dans leur foi d'avancer vers la "Jérusalem céleste" ; reproduisant au long de leur pérégrination la marche des hébreux dans la désert ; imitant le peuple élu traversant à pied (presque) secs la mer des roseaux. Passer à travers la mer, n'est-ce pas passer à travers la mort ?

Quelle est l’offre qui exprime la singularité du sanctuaire ? Ce qu’on y célèbre, la structure interne, les compétences, comment y est-on accueilli ?

Tout pèlerin doit s'arracher au quotidien, accepter d'abandonner ses certitudes, ses appuis, ses sécurités. Il doit faire confiance : la baie est dangereuse, le sable mouvant, la marée rapide. Et quand il a pris pied sur le rocher il n'est pas encore au bout de ses peines. La montée du village est aussi un chemin symbo­lique. Le visiteur, sans s'en apercevoir, quitte peu à peu le monde du commerce humain pour celui du « commerce » divin, des nourritures terrestres (symbolisées par la célèbre omelette proposée à l'entrée de la ville), il monte jusqu'aux nourritures célestes.

lundi
10 décembre
4° / 10°
Saint Michel archange