Sur une terre où se succèdent les cimetières militaires du Commonwealth, français et allemands, le sanctuaire Notre-Dame de Brebières abrite l'un des plus anciens pèlerinages mariaux du nord de la France. À Albert, touristes et pèlerins rencontrent l'histoire d'une Vierge découverte par une brebis et d'un message intemporel.
Pourquoi venir en pèlerinage à Albert ?
Les origines du pèlerinage remontent au Moyen Âge, entre le XIᵉ et le XIIᵉ siècle. Selon la tradition, un berger, irrité par l’entêtement d'une de ses brebis à gratter le sol, frappa la terre de sa houlette. Un cri jaillit alors à ses pieds : « Arrête, berger, tu me blesses ! »
En creusant, il découvrit une statue de la Vierge à l’Enfant, marquée au front par le coup reçu.
Ce récit fondateur n'est pas une simple anecdote : il installe d'emblée le sanctuaire sous le signe de la statue blessée. Le miracle du transport où la statue refusa d'avancer vers un autre village pour ne rejoindre que celui d’Ancre, l'ancien nom d'Albert, scelle l'alliance entre Marie et la cité. Dès 1138, une bulle papale de Grégoire IX atteste d’une ferveur qui persiste aujourd’hui encore. Ainsi, en hommage à la brebis, l’église est dédiée à Notre-Dame de Brebières.
Albert, ville sanctuaire
La Basilique Notre-Dame de Brebières de style néo-byzantin fut édifiée entre 1885 et 1897 par Edmond Duthoit, élève d’Eugène Viollet-le-Duc. L’église est construite de briques rouges au-dessus de la rivière Ancre. Surmontée d’un clocher-porche culminant à 78 mètres, terminé par une Vierge de 5 mètres couverte de feuilles d'or, l’église ne passe pas inaperçue.
En 1895, Léon XIII l’érige en basilique mineure, souhaitant qu’elle devienne “la petite Lourdes du Nord”. La ville d’Albert devient un haut lieu de pèlerinage dans les Hauts-de-France. On vient y célébrer la figure protectrice et maternelle de Notre-Dame de Brebières.
Détruite presque entièrement pendant la bataille de la Somme, le fils du premier architecte, aidé de son propre fils, reconstruira l’église à l’identique entre 1927 et 1931.
La Vierge penchée, un ultime espoir
En venant à Albert, le pèlerin marche aussi dans les pas de millions de jeunes soldats qui, durant la Grande Guerre, ont levé les yeux vers un signe d’espérance improbable. En 1915, un obus frappe le dôme de la basilique : la statue dorée bascule mais s'arrête à l'horizontale, suspendue au-dessus du vide. Cette « Vierge penchée » devient alors une icône mondiale, portant la promesse suivante : « Le jour où elle tombera, la guerre finira. » Sa chute en avril 1918 annoncera effectivement la fin des combats 7 mois plus tard.
Où prier Notre-Dame de Brebières ?
Le cœur de la dévotion se situe au sein de la basilique dont le clocher domine champs et forêts à perte de vue. Les pèlerins répondent à l’appel de la Vierge dorée visible depuis les plaines de la Somme avant de pénétrer dans l’édifice. La porte s’ouvre sur une allée décorée de mosaïque et une nef singulière et colorée. La lumière douce des bougies témoigne des prières des pèlerins, et plus loin dans une niche du maître-autel, Sainte Marie accueille, écoute et intercède.
Que demande-t-on à Notre-Dame de Brebières ?
« Arrête, berger, tu me blesses » — ce cri traverse les siècles et interpelle encore aujourd'hui croyants, pèlerins et touristes. Notre-Dame de Brébières incarne une figure féminine et maternelle forte. Elle porte une dimension de réparation, de guérison et de compassion. Prier dans ce sanctuaire, c'est confier ses propres blessures à Marie et rejoindre une longue chaîne humaine d'espérance.
Pourquoi prier Notre-Dame de Brebières ?
Pendant la grande neuvaine autour du 8 septembre, le 15 août ou le reste de l'année, chacun arrive au sanctuaire avec son fardeau ou ses remerciements. On lui confie les difficultés familiales, la maladie d'un proche, les situations qui semblent sans issue, le deuil, la quête de réconciliation avec les autres et soi-même.
D’illustres pèlerins sont venus se confier à Marie dans ce sanctuaire des Hauts-de-France. Sainte Colette de Corbie, réformatrice de l’ordre des clarisses, vint en pèlerinage demander qu’on lui accorde de grandir. Sa croissance soudaine et miraculeuse rassura ses parents et soulagea son quotidien.
Chacun peut venir chercher une écoute, un soutien, et porter, à sa façon, le message de paix que ce lieu incarne depuis toujours.
Le sanctuaire est rattaché au diocèse d'Amiens – visiteurs et pèlerins sont accueillis toute l'année. Qu'on vienne de loin ou de près, en pèlerin ou en curieux, Albert et Notre-Dame de Brebières ont cette rare qualité : ne laisser personne repartir tout à fait comme il est arrivé.
Accueil des pèlerins au sanctuaire d'Albert
Contact :
Tous les jours
Paroisse Notre-Dame de Brebières
28 rue de Boulan 80300 ALBERT
03-22-75-09-54
ndbrebieres@diocese-amiens.com
Messes tous les jours sauf le lundi
Les temps forts du sanctuaire
- 23 juin, 19 h 30 et 20 h 30, concert “Ancre et Bleuets” du compositeur Picard R. Pierront dans la basilique
- Célébration du 110ᵉ anniversaire de la bataille de la Somme : messe le 5 juillet
- Nuit des églises
- Pèlerinage du 5 au 13 septembre