Thierenbach

Quand nature, tradition, et spiritualité se rencontrent.

Au pied du Grand Ballon, point culminant du massif vosgien, j’ai fait étape à Thierenbach, ville sanctuaire. Une nature foisonnante qui incite à randonner, une basilique de style baroque, la région de Guebwiller et son vignoble. J’ai ressenti l’émotion des milliers de pèlerins qui, depuis des siècles, chaque année, demandent grâce à la Vierge Marie. Un voyage dans l’histoire, une véritable immersion dans la culture et la gastronomie alsaciennes.
 

Dans la cathédrale de Chartres, je me suis recueillis face au voile délicat que Marie aurait porté quand naquit l’Enfant Jésus. Encore époustouflée par l’immensité de ce vaisseau gothique, je voyage vers le département du haut-Rhin, où au fil des siècles, la Pietà a fait de la basilique de Thierenbach le plus haut lieu de pèlerinage de Haute-Alsace

Si chaque saison sied parfaitement à la région de Guebwiller, j’avais envie de voir les couleurs flamboyantes de l’automne s’annoncer sur les prairies, les forêts et le vignoble des pays du Florival. Ce matin de septembre, sur la route des vins d’Alsace, un léger voile de brume rend l’endroit bucolique et laisse présager d’une journée ensoleillée. J’imagine les viticulteurs sur le départ pour cueillir avec délicatesse, les grappes de Riesling, Muscat, Pinot-Gris et Gewurztraminer. Je m’arrêterai plus tard dans la ville de Soultz pour arpenter les rues de la “ vieille ville ” et photographier les demeures vigneronnes datées de la Renaissance.

Vignoble de Orschwihr
Vignoble de Orschwihr

Une basilique de style baroque autrichien

Un magnifique terrain de jeu protégé par le Parc Naturel Régional des ballons des Vosges ! Abbaye, chapelles, églises et basilique pour les amateurs d’architecture et d’art sacré. Une route des crêtes de 70km pour faire route à pied ou en vélo vers le grand ballon qui culmine à 1424 mètres d’altitude, skier ou se promener en raquettes l’hiver dans des stations familiales. Champion du monde d’enduro VTT ou abbé de Cluny, ils ont planté leurs racines sur ce territoire où tout semble avoir été créé pour favoriser le bien-être. Il est d’ailleurs conseillé de visiter l’écomusée d’Alsace pour mieux s’immerger dans les traditions locales. Je traverse un dernier village et aperçois au loin, à l’orée d’une immense forêt, un clocher vert en forme de bulbe, j’arrive à destination : la basilique Notre-Dame de Thierenbach. 

Le soleil matinal éclaire le parvis, l’extérieur de l’édifice est sobre. J’entre, curieuse de découvrir l’intérieur réputé pour son style baroque autrichien. Le contraste est saisissant ! Du blanc sur les murs, des dorures, des frises végétales, tout flamboie. Pourtant, le calme ambiant invite le pèlerin à ouvrir son cœur à la pietà posée sur son autel doré. Elle a le regard triste, songeur peut-être ? Et pour cause, elle tient entre ses bras son fils Jésus mort un peu plus tôt sur la croix. La Vierge miraculeuse ou douloureuse recueille les souffrances, les espoirs, les drames et les bonheurs. Elle semble montrer le chemin vers cette paix que l’on ressent dans toute la basilique.
 

Le Grand Ballon
Le Grand Ballon
La Basilique de Thierenbach
La Basilique de Thierenbach

Notre Dame de Thierenbach

Le miracle fondateur, remonterait au XIIème siècle, quand un jeune homme de Soultz qui croyait vivre ses derniers jours, guérit miraculeusement par l'intercession de la Vierge Marie. Issu d’une famille noble, il aurait promis à Notre Dame de lui confier tous ses biens en échange de sa guérison. Plus tard il serait devenu moine, et aurait convaincu l’abbé de Cluny de l’importance de construire à cet emplacement un prieuré afin que Marie puisse être vénérée, et répandre ses grâces.
L’endroit subit plusieurs vagues de destructions, mais renaît chaque fois. Force est de constater que le lieu était prédestiné à une vie spirituelle. On ne vient pas par hasard et on y revient.

Si celle de la spiritualité prend toute son importance dans une société qui bouscule, il y a d’autres expériences dépaysantes à vivre dans ce petit vallon à mi-chemin entre Colmar et Mulhouse. Devenir viticulteur d’un jour par exemple ; participer aux vendanges avec le vigneron; découvrir le travail de vinification ; s’initier à la dégustation. Dans une ferme auberge savourer le traditionnel repas marcaire ; goûter à la tourte à la viande, Roïgabrageldi, Munster local, et bargkass. Il est cependant une expérience évoquée par tous ici, l’appel de la nature.

Par-ci, le chant d’un oiseau : le rossignol, le merle noir ou la grive musicienne. Par-là, le hennissement d’un cheval en pâture, et l’orgue de la basilique Notre-Dame de Thierenbach en grand concert qui leur donne la réplique.

De mon étape à Thierenbach, je retiens la beauté des paysages, la finesse des arômes des vins de la région de Guebwiller, et la certitude qu’à l’image de la basilique, maintes fois abîmée et toujours rebâtie, l’être humain trouve en ces lieux le courage de persévérer et d’espérer.
 

Intérieur de la Basilique
Intérieur de la Basilique
jeudi
13 décembre
-3°
-7° / 2°
Basilique de Thierenbach